Les prétendus "débordements" du 24 mars 2013

La manif du 24 Mars, c’est d’abord plus de 1,4 millions de personnes unies et rassemblées pour dire non au projet de loi Taubira.
Et pour défendre les valeurs de la famille, c’est évidemment en famille que des centaines de milliers de personnes se sont rendus à Paris. A cette occasion, il y eut zéro boutique cassée, zéro boutique pillée, zéro policier blessé. Mais 6 garde à vue.

Il convient de comparer cet évènement avec une autre manifestation qui s’est déroulée il y a quelques semaines : celle des "Goodyear". A cette occasion, 19 policiers furent blessés. Et un camion de policier a été... Volé ! Pourtant, lors de cette manifestation il y eut une seule garde à vue.

Pour montrer son hostilité, ce CRS arbore un autocollant du collectif...

Les médias jouent le jeu du pouvoir et ouvrent leur journal sur les "casseurs" présents lors de la manifestation.

Le traitement de l’information honteux dont font preuve les médias doit être clairement dénoncer. En effet, le focus est jeté sur les scènes de gazage des dizaines de manifestants (casseurs, vraiment ?) qui se retrouvent face aux camions et les matériaux anti-émeutes (!) de la force publique.

La manifestation est pourtant bon enfant. Certains policiers discutent calmement avec des manifestants. Les choses se passent paisiblement. C’est pourquoi, le ton donné par les journaliste est réellement surprenant. Les services de police ont par endroit laissé passer certains manifestants et c’est d’ailleurs calmement sans heurt que 200 personnes (pas vraiment des casseurs) se rendent sur les Champs Elysées. Lorsque la foule qui continue d’arriver sur les Champs Elysées (l’avenue de la grande armée est pleine à rabord) devient compact, on observe des policiers en civil faire des va-et-vient : le nombre de manifestants est trop énorme et totalement innatendu. Il va falloir ordonner aux trop petits nombres de représentants des forces de l’ordre d’agir... Pourquoi la préfecture de police de Paris a-t-elle tant sous estimé le nombre de manifestants ? Comme le rappelle cet article, la préfecture de police de Paris attendait 100000 personnes !

C’est à partir de ce moment que tout le jeu qui va consister à exciter les gens pris en tenaille entre deux cordons des forces de l’ordre et de leur véhicule anti-émeutes commence. Ça gaze. Et les journalistes ont leur titre ! Dommage. Parce que pendant 6h00, il ne s’est strictement rien passé de mal. Vraiment dommage, car le pouvoir, ne s’attendant pas à cette foule immense, a cru pouvoir endormir le peuple et ainsi passer en force en soumettant le peuple à une loi décidée par François Hollande pour quelques uns et contre des droits fondamentaux.

Mais ce passage en force ne s’est pas produit. Les plans ont du être revu par le pouvoir. Le Premier Ministre s’est même exprimé pour dire qu’avec "autant de monde, il y aurait forcément des problèmes...". Mais ils ont été posé non pas par les manifestants, mais par des policiers, qui ont eu ordre de gazer pour disperser et amoindrir la foule. La recherche de l’image. Toujours. Pour pouvoir communiquer comme l’a fait Montebourg, sur des "vociférations" de quelques personnes !

Des personnalités politiques demandent des comptes au gouvernement

"Je veux dire mon indignation en apprenant qu’on avait utilisé, semble-t-il, des gaz lacrymogènes contre des familles qui étaient présentes avec leurs enfants et qu’un certain nombre avaient été gazées", a déclaré Jean-François Copé à l’AFP.

Laurent Wauquiez pose cette question : "est-ce qu’il est normal qu’on est des forces de l’ordre dans la République qui tirent sur des familles et des enfants ? Je pose cette question. C’est juste le reflet de la violence avec laquelle le gouvernement traite ce mouvement. C’est innaceptable. De ce point de vue, la préfecture de police doit être sanctionnée. La façon dont elle a géré ce mouvement est innaceptable."

Christine Boutin parle d’une réaction disproportionnée des CRS vis-à-vis des manifestants. Pour Christine Boutin, il s’agit d’un ordre politique donné et demande au préfet de police de Paris et à Manuel Valls de démissionner.

Pour Henri Guaino, "la décision politique qui a été prise [d’interdire l’accès de la manifestation aux Champs-Elysées] est à l’origine de ces débordements. La situation aurait pu être dramatique, et lourde de conséquences : heureusement que la foule n’a pas bougé ! Vous imaginez ce qui se serait passé dans le cas contraire ? Le gouvernement a pris ses responsabilités, il a pris des risques et il a beaucoup de chance que nous soyons des personnes très pacifiques. On ne peut pas toujours opposer le déni à des gens qui manifestent pacifiquement".

Pour Hervé Mariton, il s’agissait clairement d’"un piège dressé aux manifestants par Manuel Valls qui cherchait a faire déraper la manifestation". "Notre adversaire c’est le projet Taubira, et le gouvernement, pas les CRS" a encore précisé Hervé Mariton.