Les Français attachés à la famille « classique »

Selon un sondage IFop, 55 % des Français estiment qu’une famille composée de deux adultes du même sexe n’est pas une famille comme toutes les autres.

Pour 55 % des Français, une famille composée de deux adultes du même sexe n’est pas une famille comme toutes les autres, selon un sondage Ifop inédit pour la Confédération des associations familiales catholiques (Cnafc) réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1022 personnes. « Depuis les années 1980, le regard des Français sur l’homosexualité a beaucoup évolué, mais, dès qu’il s’agit de la famille, les avis restent très partagés. Le chiffre de 45 % des Français qui pensent que ces familles sont comme les autres rejoint d’ailleurs celui des derniers sondages sur l’ouverture de l’adoption aux couples homosexuels. Sur le mariage, par contre, l’opinion s’est stabilisée autour de 60 % pour », décrypte Jérôme Fourquet, directeur du département opinion publique à l’Ifop. 48 % des personnes interrogées se disaient en effet contre l’adoption d’enfants par un couple homosexuel, selon une enquête CSA-BFM sortie vendredi.

Sortis du clivage classique gauche/droite, « les hommes (62 %) et les personnes les plus âgées (68 % chez les 65 ans et plus) défendent une vision plus classique de la famille, tandis que les femmes et les plus jeunes sont moins tranchés, respectivement 49 % et 39 % partagent cette idée », poursuit Jérôme Fourquet. Autre manifestation de l’attachement toujours vif à la définition actuelle du couple et de la cellule familiale, près de six Français sur dix (59 %) seraient opposés aux changements des termes « mari/femme » et « père/mère » au profit de « époux 1/époux 2 » et « parent 1/parent 2 » dans l’état civil.

Les résultats sont plus spectaculaires quand les questions se font plus personnelles. Ainsi, les personnes ayant des enfants de moins de 15 ans se tourneraient massivement (à 98 %) vers des familles avec un couple homme-femme s’ils se retrouvaient dans l’incapacité de s’occuper de leur progéniture en cas de décès, selon ce sondage. « Cela montre bien que, sur les sujets de l’adoption et des enfants, les Français ne sont pas du tout convaincus et que leur vision du couple n’est pas celle présentée par le gouvernement, souligne Antoine Renard, président de la Cnafc. La mobilisation contre le texte est plus forte que prévu, car les Français ont réalisé que les choses n’étaient pas aussi simples que ce que l’on a voulu leur faire croire. »

Près d’une personne sur deux accorderait également sa confiance à un couple homosexuel féminin, tandis que plus de six sur dix ne l’accorderaient pas à un couple homosexuel masculin. Un résultat qui laisse apparaître un autre clivage, celui de la plus grande acceptation pour les couples de femmes. Les études montrant que les Français sont plus favorables à la PMA pour les lesbiennes qu’à l’adoption pour tous les couples homosexuels en sont le reflet.

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